Le Boxing-Day à la française

par Soane Deltour


Cette saison 2022-23 restera particulière pour le développement de la Ligue 1 Uber Eats. Entre le passage de 20 à 18 clubs, le niveau du championnat qui se rehausse au vu des écarts de points très faibles entre les équipes à tous les niveaux et une trêve hivernale aux dates inhabituelles, la Ligue des Talents évolue.


En cette période hivernale durant laquelle fêtes, repas et familles sont à l’honneur, certains ont dû revoir la planification de leurs vacances et tirer un trait sur les réveillons. En effet, cette année, les joueurs de Ligue 1 étaient réquisitionnés pour disputer le « Boxing-Day », et notamment la 16e et 17e journée de championnat. Expression venue de l’autre côté de la Manche, le Boxing-Day est une période chère à nos homologues anglais puisque depuis 1860, joueurs et supporters sont habitués à se retrouver au stade les 26 décembre. Pour information, la tradition veut que les matchs ayant lieu ce jour-là soit un derby ou presque, et aujourd’hui, le calendrier de la Première League fait en sorte de respecter cette coutume en limitant la longueur des déplacements. Mais pour les Français, c’est une première. Complètement chamboulés par la toute première organisation d’une Coupe du Monde en hiver (sacre de l’Argentine), les amateurs de Ligue 1 avaient donc rendez-vous dans les stades pour venir soutenir leur équipe, entre deux réveillons. Pour l’occasion, l’équipe du PJ a joué le jeu et a assisté à trois des 20 matchs de Ligue 1 disputés en quelques jours. OM-Toulouse, Toulouse-Ajaccio et Montpellier-Marseille.

  • Des surprises


Cette innovation nous a permis de voir que le Père Noël est un fan de football, au courant que des matchs avaient lieu en ces périodes de fêtes. Alors les surprises n’ont pas eu lieu que sous le sapin…Parmi ces dernières, on relève bien évidemment, le match OM / TFC se soldant par une victoire marseillaise nette et sans appel sur le score de 6-1. Avec moins de buts inscrits, le Stade Rémois a réussi à faire tomber pour la première fois depuis 17 matchs le Stade Rennais, synonyme d’une sacrée performance et consolidant son statut d’équipe très compliquée à battre depuis maintenant plusieurs années. Cette défaite rennaise permet aux phocéens de monter sur la troisième marche du podium et de reléguer les hommes de Bruno Genesio à 2 points. Ça, c’était pour le compte de la 16e journée, lors du 28 et 29 décembre. Lors de la journée suivante, nouvelle année et nouvelles surprises. Les supporters lensois ne pouvaient sans doute pas espérer mieux débuter l’année 2023 que de voir leur équipe s’imposer 3-1 contre le PSG dans un Bollaert des grands soirs. Outre le fait que cette victoire permet de consolider la seconde place et de revenir à seulement 4 points des Parisiens, elle vient mettre un terme à l’exceptionnelle série d’invincibilité du PSG de 32 matchs toutes compétitions confondues… Un peu plus bas dans le classement, c’est dans le Rhône qu’est venue l’autre surprise de cette 17e journée avec la victoire clermontoise (0-1) sur la pelouse de l’OL, faisant ressortir les anciens démons lyonnais…De son côté, Clermont monte de deux places au classement et grimpe dans la première partie du classement (9e). Concernant le second match vu par la rédaction du PJ, le TFC s’est bien remis la claque subie au Vélodrome en gagnant 2-0 sur sa pelouse face à Ajaccio.


  • La Ligue 1 Noël



La Coupe du Monde 2022 restera gravée à jamais dans les annales par son organisation historique en hiver, ainsi que par le sacre de Lionel Messi et ses troupes, remportant le seul trophée qui manquait à son palmarès. Cette dernière permet donc la toute première mise en place d’un Boxing-Day en Ligue 1 où de nombreux cadeaux ont été distribués. On peut penser au véritable bijou de Xavier Chavalerin lors de la 17e journée offrant la victoire à l’ESTAC sur le gong d’une superbe reprise de volée en dehors de la surface de réparation. En cette période d’après Coupe du Monde, c’est un joli clin d’œil fait à Benjamin Pavard, auteur d’une toute aussi belle demi-volée en 2018…

Puis, ce sont les jeunes qui ont été gâtés par leurs entraîneurs. El Chadaille Bitshiabu, jeune titi parisien, a ouvert le bal du haut de ses 17 ans avec sa première titularisation en Ligue 1 et hauteur d’une très grande prestation face à Strabourg...Ce dernier confirme les espoirs mis en lui après avoir remporté l’Euro 2022 avec l’Equipe de France U17. Le même soir, c’est le cadet de la fratrie Ben Seghir, Eliesse, qui permettra à l’AS Monaco de ramener les 3 points d’Auxerre en inscrivant un doublé pour son premier match de Ligue 1. C’est d’ailleurs le deuxième plus jeune joueur à inscrire un doublé pour les Rouges et Blancs après un certain Thierry Henry…A noter que nous avons eu la chance de voir son frère aîné, Salim, faire sa première apparition avec l’OM dans le championnat français lors de la victoire 6-1 face au TFC. Philippe Montanier avait pourtant décidé de titulariser pour la fois le jeune prodige toulousain, Christian Mawissa, champion d’Europe avec Bitshiabu et champion de France U17 la même année. Puis, face à Ajaccio, le coach toulousain a décidé d’inscrire pour la première fois le jeune international algérien U18 Edhy Zuliani sur la feuille de match. La Ligue 1 est visiblement promise à un sacré futur…


  • Le public répond présent



La tenue des matchs à des horaires inhabituels a fait des heureux comme des malheureux et il fallait bien s’y attendre. Comme dit le fameux dicton, « quoi que tu fasses, il y aura toujours quelqu’un pour te critiquer »…Concernant l’affluence globale des stades, les températures hivernales n’ont pas refroidi les supporters à venir encourager leur équipe comme on peut le voir à Lens, où le stade était à guichets fermés pour la 16e fois de suite ou encore à Marseille, qui remplissait entièrement son stade pour la 9e fois d’affilée en Ligue 1. Un record est d’ailleurs tombé, puisque jamais une aussi grande affluence moyenne n’a été enregistré dans l’histoire du football français (62 050 spectateurs). Sans leur faire offense, dans les clubs un peu moins fervents, les stades étaient également bien garnis comme le Stade de la Mosson à Montpellier qui a accueilli 18 971 spectateurs sur 22 possibles contre l’OM ou encore le Stadium de Toulouse, où les supporters avaient encore une fois répondu présent. En revanche, cela n’a pas empêché les ultras de montrer leur mécontentement avec quelques banderoles comme on a pu le voir à Lorient avec le « Désolé du retard, on sort du taff » ( Lorient / MHSC le jeudi à 17h), à Nantes avec la Tribune Loire totalement vide avec écrit «LFP, diffuseurs : vos programmations tuent nos stades » ou encore dans la ville rose avec « jours/horaires inadaptés : LFP/diffuseurs, respectez les supporters». Chez les supporters marseillais, on a pris ça avec un peu plus d’humour en déployant une banderole « Match le lundi ? On s’en fou, on ne bosse pas »… À noter qu’un hommage national durant ces deux journées de Ligue 1 a été respecté avant chaque match d’une minute d’applaudissements pour le roi Pelé, décédé le 29 décembre 2022…

edit by le PJ