Entretien avec Yassin Nfaoui

Après avoir couvert le dernier match de la 8e journée opposant l’OM et le RC Lens, Yassin Nfaoui, journaliste sportif à Téléfoot depuis 2017, nous a accordé une interview afin de nous éclaircir sur son métier. 

Tout d’abord, est-ce que le métier de journaliste vous passionne depuis petit ou c’est plutôt une opportunité professionnelle qui s’est ouverte à vous ? Ce métier me passionne depuis petit et j’ai tout fait pour le devenir. Pour ce faire, je suis donc parti en école de journalisme. Je savais que cela allait me donner beaucoup plus de chances de vivre de cette passion et me permettre également de me spécialiser davantage dans le sport. Puis, je savais que cette voix allait me permettre de pouvoir travailler un jour dans l’émission de mon enfance, Téléfoot. Pouvez-vous nous décrire le parcours que vous avez suivi après le lycée ? Après le lycée, j’ai fait une classe préparatoire en lettres à Hypokhâgne et Khâgne où il fallait appuyer au maximum sur les langues étrangères, l’espagnol et l’anglais. J’avais à peu près 12h d’anglais et 10h d’espagnol par semaine. Puis, à la fin des 2 ans, j’ai passé le concours dans une école de journalisme à l'IEJ. J’ai suis resté 1 an en formation générale puis 1 an en master sport avec un stage obligatoire de 6 mois pour valider les 2 années.  Avez-vous eu des expériences avec d’autres entreprises avant TF1 ou c’était votre première ? Pouvez-vous nous expliquer comment la relation s’est-elle faite ? Alors je n’ai fait aucun stage avant d’entrer à TFI mais étant normand, j’ai fait correspondant pour Ouest France Normandie. Je faisais quelques « piges », j’allais voir des matchs le week-end sur lesquels j’écrivais des articles que je vendais à Ouest France. J’ai fait ça pendant 2/ 3 ans en même temps que ma prépa. Ensuite, TFI a été ma première boite où j’ai travaillé. Pour y rentrer, j’ai contacté le rédacteur en chef de Téléfoot à l’époque quand j’étais en école de journalisme. Dans ce milieu, faut surtout contacter les rédacteurs en chefs ou les directeurs des sports même si ils ont très peu de temps à t’accorder. En quoi consiste votre rôle au sein de l’entreprise Téléfoot ? Je suis un rédacteur- reporteur. Ça consiste à aller sur le terrain, à faire des interviews et à faire des reportages un peu partout en Europe ou dans le monde. A partir de là, je fais des sujets qui paraîtront dans l’émission hebdomadaire. Il faut donc savoir écrire, monter ou encore poser sa voix . Pouvez-vous nous décrire une journée type au bureau et lorsque vous partez en mission ? La journée type au bureau est généralement le mardi. On a une conférence de rédaction à 9h30 où on débriefe l’émission du dimanche. A travers cette réunion, on prépare également celles des semaines suivantes et on propose des idées de reportages qui pourraient intéresser le chef. Ensuite, on passe l’aprem à contacter l’entourage ou les joueurs eux-mêmes pour essayer de caler un maximum de choses dans la semaine. On prépare ensuite nos billets et nos voyages. La journée se finit généralement vers 19h. Ensuite, une journée en mission est totalement différente. Admettons que le jeudi je dois aller à un match à Marseille coup d'envoi à 21h. Je vais à l’aéroport vers 14h et je pars ensuite au stade vers 17h. Sur place, je fais l’avant-match avec mon caméraman et on prend un peu le pouls auprès de supporters. Ensuite, en fonction du déroulement du match, on essaye d’organiser une interview avec un joueur le lendemain pour alimenter le sujet du dimanche. Les horaires sont variées mais on peut terminer assez tard une journée comme ça, à 2h ou 3h du matin. Comment se déroule une interview sous le nom de Téléfoot ? Avez-vous des consignes à suivre ? Lorsqu’on va interviewer un joueur, on se met d’accord sur les thèmes qu’il veut aborder, qu’il peut aborder et qui nous intéresse aussi. Il peut arriver une situation où on va dire au joueur qu’on va parler de son club et de sa situation personnelle ( son temps de jeu, sa non sélection… ) et il va nous dire « non non on parlera pas de ca , on parlera que de si et ca » ou « vous allez me parler que du club et pas de la sélection ». Il faut trouver un juste milieu en leur disant que c’est intéressant pour nous, pour lui et le club d’aborder différents sujets tout en respectant leurs positions. En général,avant l’interview, ils savent quels sont les thèmes.

"Je disais que vous aviez fait de nombreuses interviews et avec de très grands noms du football comme Zidane, Neymar, Oblack, Courtois, Pogba, Fabrégas, Payet ou encore Shaqiri très récemment. Quel est le joueur qui vous a fait la meilleure impression et lequel vous a le plus « intimidé » ? L’interview qui m’a le plus intimidé et que je ne m’attendais pas à voir c’est Zizou, parce que pour tout ce que ca represente, être devant Zinedine Zidane et lui parler ce n’est pas donné à tout le monde, c’est une chance inouïe et j'espère la revivre. Modric aussi, 3 jours après qu’il obtienne le Ballon d’Or, faire l’interview à Madrid et le rencontrer là-bas c' était juste, dingue. Mais en soit, chaque interview que j’ai pu faire, j’en ai toujours gardé un bon souvenir parce que les mecs étaient ultra sympas. J’ai le souvenir d’un Dimitri Payet à Marseille, une crème, les interviews c’est pas ce qu’il affectionne le plus, et pourtant il s’est livré et a été très très sympas. Fabregas,c’est un seigneur, le mec il a tout gagné dans sa carrière, il respecte tout le monde de la même façon, que ce soit un jeune ou un plus vieux dans le vestiaire ou qu’on soit pas joueurs de foot. Maxwell Cornet à Lyon qui nous ouvre les portes de chez lui, qui nous fait vivre une journée avec lui, il nous donne ce qu’on veut et derrière ça fonctionne très bien. Nan franchement, je garde à chaque fois un bon souvenir, c’était que du bonheur. Vous avez visité beaucoup de stades comme la Bombonera, le Camp Nou, Anfield ou encore le Vélodrome. Quelle a été l’ambiance qui vous a le plus impressionné ? Alors, je retiens 2 ambiances en particulier. Tout d’abord, la Bombonera de Boca Juniors à la veille du Superclasico. Ils étaient 65 000 pour un entraînement veille de match, c’était juste de la folie. J’ai jamais vu ça pour un entraînement et même pour un match, une telle ambiance. Il y a aussi l’El Monumental de River Plate qui était dingue. L’ambiance en général en Argentine est magique, c’est là-bas qu’on comprend vraiment ce que représente le foot et on comprend mieux la passion que des millions de personnes ont pour ce sport. Après en France, on a la chance d’avoir un public comme Marseille qui est vraiment ouf, Lens et Saint-Etienne aussi, sur des grandes occasions, on peut passer vraiment un super moment de foot. J’ai aimé aussi le Wanda Metropolitano de l'Atletico Madrid où il y a une très belle ambiance. Ce stade respire le foot, c’est populaire, c’est festif, ça chante pendant 90 minutes et finalement c’est ce qu’on aime tous. C’est l’ambiance pas calculée et vraiment collective. Le mot de la fin, si Yassin Nfaoui n’était pas journaliste sportif, que serait-il ? Si Yassin Nfaoui n’était pas journaliste sportif, je pense qu’il serait enseignant soit en école primaire soit en FAC. J’aime bien l’histoire-géo et les langues étrangères donc je pense que j’aurais été enseignant. J’aime donner de mon temps libre pour partager mon savoir"


On remercie Yassin Nfaoui d’avoir permis aux lecteurs du PJ d’en savoir plus sur lui et son métier. Quant à nous, on se retrouve très bientôt pour un nouvel article…


PS : On remarquera qu’il est beaucoup moins fort en pronostics qu’en journalisme : il avait pronostiqué la victoire du PSG ( victoire 2-0 contre Man City ), de l’OL ( victoire 3-0 contre Brondby ), de l’OM ( 0-0 contre Galatasaray ), de Lille ( défaite 2-1 contre Salzbourg ), et le match nul de Rennes ( victoire 2-1 contre le Vitesse Arnhem) ce qui fait un total de 2 bons pronos sur 5 )

Rédigé par Soane Deltour