Nantes rit jaune

Ce week-end, l’égalisation niçoise à la 90+7e minute par Nicolas Pépé sur pénalty montre toute la fébrilité du FC Nantes et plonge le club dans une profonde crise. Un épisode de déjà vu pour l’équipe dirigée par Antoine Kombouaré.


Le 30 mai 2021, les trois derniers coups de sifflet de l’arbitre Benoît Bastien venaient d’officialiser le maintien du FC Nantes en Ligue 1, après la double confrontation face au Toulouse FC (Ligue 2) qui s’est conclue sur le score nul de 2 buts à 2, qualifiant les Nantais selon la règle du but à l’extérieur (en cas de match nul lors d’une confrontation aller-retour, le but inscrit à l’extérieur vaut double). Cet évènement venait mettre un terme à une saison à l’image de la Beaujoire, vide et terne (le match avait lieu à huis-clos à cause du COVID-19). 3e pire équipe à domicile lors de la saison 2020-21, les Nantais et leur président Valdemar Kita, dont la démission était souhaitée et affichée par les supporters tout au long de l’exercice, ont mis du temps à trouver un équilibre en changeant 4 fois d’entraîneurs. Christian Gourcuff, Patrick Collot puis Raymond Domenech, arrivé à la sortie des fêtes de Noel, mais qui s’est avoué par la suite être un cadeau empoisonné. Si cette signature a fait jazzer dans les médias, elle n’a pas eu autant d’impact sur le plan sportif. L’ancien entraîneur des Bleus s’est vu démis de ses fonctions au bout de 7 matchs, précédant l’arrivée du pompier Antoine Kombouaré. Ce dernier réussira donc à éteindre l’incendie et maintenir le club de Loire Atlantique lors des barrages d’accession entre le 18e de Ligue 1 et le 3e de Ligue 2.


La saison suivante n’a rien eu de similaire, si ce n’est les joueurs à 2/3 transferts près et l’organigramme du club. Porté par un Alban Lafont qui semblait enfin prendre son envol, un Quentin Merlin qui est passé du statut d’espoir à titulaire indiscutable, et un duo d’attaque prolifique composé de Randal Kolo-Muani (13 buts toutes compétitions confondues) et Ludovic Blas (15 buts ttc.), le FC Nantes a joué l’Europe toute la saison avant de « s’écrouler » en championnat et de tomber à la 9e place. S’écrouler en championnat et seulement en championnat. En effet, porté par une ferveur populaire de retour et une « Brigade Loire » (principal groupe de supporter) plus que bouillante, rappelant les épopées du FCN avec notamment le jeu à la nantaise initié par José Arribas en 1960, les hommes d’Antoine Kombouaré sont partis décrocher la 4e Coupe de France de l’histoire du Football Club de Nantes. Le Stade Brestois, le SC Bastia, l’As Monaco puis l’OGC Nice en finale ont essayé en vain de barrer la route aux nantais, synonyme de qualification pour la prochaine Ligue Europa et de retour sur le plan européen, 18 ans après.


Amputé par le départ de leur second meilleur buteur de la saison dernière, Randal Kolo-Muani à l’Eintracht Francfort, les Nantais se sont réconciliés avec l’Europe de la meilleure des façons en gagnant le premier match de poule contre l’Olympiakos (2-1) le 8 septembre dernier. Pourtant, elle sera bien la seule éclaircie de leur saison, déjà bien entamée, à un peu moins d’un mois de la trêve internationale. Pour finir avec la Ligue Europa, le FCN s’est frotté et de trop près visiblement à la concurrence européenne puisqu’ils ont enchaîné 3 revers consécutifs (12 buts pris/ 0 marqués). La réception de Qarabag jeudi soir à la Beaujoire semble être leur dernière chance, si ce n’est pas déjà trop tard…


Dans notre si belle Ligue des talents, autrement appelée Ligue 1, les canaris battent en retrait. 4e pire défense du championnat et classée 15e avec seulement 2 victoires en 12 matchs, le FC Nantes va mal. Les paris faits lors du marché de transfert estival sur Moussa Sissoko (33 ans) et Mostafa Mohamed (24 ans) ne donnent pas satisfaction, Alban Lafont est laissé à la dérive par une défense perméable, et le virevoltant Ludovic Blas, principal artisan du maintien l’année dernière n’est plus le même aujourd’hui (1 but/1 passe décisive en 12 matchs). La situation commence à se tendre au FCN comme le montrent les expulsions d’Antoine Kombouaré, Alban Lafont et Kader Bamba suite à leurs contestations véhémentes après le penalty sifflé pour Nice envers l’arbitre central dimanche dernier.


Soane Deltour

edit by le PJ